Lis ma vie, Voyages !

Une âme voyageuse

Le voyage au Japon nous a tous beaucoup marqués, je vous en ai parlé ici. Mais il y a une personne dans cette famille qui a eu particulièrement du mal à s’en remettre. C’est la plus petite d’entre-nous. Celle qui voulait rentrer à la Nourserie la première nuit dans Oscar le camping-car. Celle qui avait peur la deuxième nuit dans ce même Oscar. Celle qui a mis une petite semaine à s’habituer à notre vie là-bas.

Notre Petite Gavotte s’est en fait trouvée comme un poisson dans l’eau au Japon. Elle a montré une envie de tout découvrir impressionnante pour une petite fille qui n’avait pas encore 6 ans. Elle a adoré les onsen (bains publics), le poisson cru, les onigri (elle demandait du riz à tous les repas !), Nara la ville aux daims, les kimonos, les trucs kawaï partout, le métro à Tokyo, son lait en bouteille en verre tous les matins, la mer, la montagne, les singes dans la nature, les éventails…

Et puis nous étions tous les 5, ensemble, pendant 5 semaines. Et ça, c’était très fort aussi au niveau des émotions et de la cohésion familiale.

Le retour en France s’est passé sans encombres pour tout le monde. Du moins, c’est ce que l’on pensait. Oui, le Japon nous manquait parce que ce pays a volé notre coeur mais nous étions heureux d’être chez nous. Très vite, on a compris que Petite Gavotte avait beaucoup de mal à gérer ce retour. Au quotidien, tout allait bien mais elle ne se mettait à pleurer dès que l’on parlait du Japon. Autant vous dire que c’était compliqué pour elle vu que l’on était encore tous dans l’envie d’en parler…

On s’est dit : « bon, ça va passer ». Mais non, à chaque fois qu’on évoquait le Japon ou qu’on regardait des photos, elle se mettait à pleurer en nous hurlant dessus : « mais arrêtez de parler du Japon ! ». Elle a eu aussi des gros chagrins le soir sans qu’elle ne puisse expliquer pourquoi. On a compris que c’était le Japon et bien sûr la présence de son papa au quotidien qui lui manquaient. Et on ne peut que la comprendre. Alors on lui a expliqué que notre vie était ainsi, avec un papa qui travaille à Paris mais qi est avec nous dès qu’il le peut et que ce voyage au Japon, il fallait s’en souvenir comme de quelque chose de gai qui nous porte au quotidien et pas comme quelque chose qui nous plombe.

Quand Camille est venue à la maison, elle m’a dit : « Elle a une âme voyageuse et si son corps est rentré, son âme, elle, est encore au Japon. Il m’est arrivé la même chose quand je suis revenue de NY ». J’ai trouvé ça tellement poétique et tellement juste…

Ce qui est drôle, c’est que étions en train de nous demander avec MMM s’il n’était pas temps de lui trouver un psychologue pour réussir à passer ce cap et que, depuis la remarque de Camille, notre Petite Gavotte peut regarder des photos et arrive à parler du Japon sans se rouler par terre (je vous jure, un jour on l’a retrouvée allongée sur le dos à hurler parce qu’on racontait une anecdote japonaise au repas). Quoiqu’il en soit, nous ne l’aurions pas laissée dans son marasme plus longtemps.

Alors, je ne sais si son âme est rentrée de voyage mais en tout cas, notre Petite Gavotte l’affirme à qui veut bien l’entendre : « pour mes 10 ans, je vais au Japon ».

 

Le vieux billet : pour continuer votre lecture, je vous invite à lire ce billet où je parle de l’importance d’avoir quelqu’un à qui parler

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14 commentaires

  1. Répondre Bénédicte 9 novembre 2018 à 12 h 20 min

    Petite poulette.
    Ici les filles ont plutôt bien géré le retour de notre voyage à hawaii de cet été (contrairement aux parents, mais ça c’est un autre problème, vive la déprime de la rentrée). Et pourtant j’appréhendais un peu le retour, notamment pour ma grande hypersensible, qui il y a 4 ans quand on les a emmenées là-bas pour la 1ère fois a pleuré les 16 h d’avion lors du retour non stop… Sinon c’est bien elle est prévoyante, elle connait déjà son cadeau pour ses 10 ans 🙂

    • Répondre Marjoliemaman 9 novembre 2018 à 12 h 29 min

      Ah, les hypersensibles… Hawaii, ça doit être un sacré truc aussi.

  2. Répondre marie_ftn 9 novembre 2018 à 12 h 37 min

    Pauvre petite Gavotte… Cet article résonne en moi, malgré ma vingtaine d’année d’écart avec elle =) . Il y a quelques années je suis partie étudier au Québec, un semestre. Le retour à été très difficile, j’avais l’impression d’avoir littéralement laissé un bout de moi là-bas, alors que j’étais pourtant heureuse de retrouver mon chéri et ma famille qui m’avaient tant manqué. Il m’a fallu très longtemps pour accepter le retour. J’avais les larmes aux yeux dès qu’on me demandait « Pas trop dur le retour ? », et si j’avais le malheur d’entendre l’accent québécois je pouvais fondre en larmes …. Vive l’hypersensibilité !

  3. Répondre Bobine 9 novembre 2018 à 14 h 57 min

    Je ressens la même chose pour un endroit, celui où j’ai passé quelques mois, l’année de mes 23 ans, à vivre des émotions tellement intenses que forcément un morceau de moi est resté sur place. Ce qui est super c’est que vous ayez partagé cela à 5 et qu’elle pourra toujours partager ses émotions avec vous.

  4. Répondre Lili et ses filles 9 novembre 2018 à 15 h 01 min

    Moi c’est en rentrant d’un voyage aux Philippines qu’il m’a fallu beaucoup de temps pour me reconnecter à la vie d’ici …. j’avais énormément de mal à en parler, à le partager, alors qu’on me pressait de question, tellement cette expérience avait été intense, et le coup de coeur immense. Je comprend petite Gavotte 🙂

  5. Répondre Amélie 9 novembre 2018 à 16 h 21 min

    C’est drôle ce que les voyages font aux gens. J’ai vécu un an et quelques aux Etats-Unis, c’était il y a 16 ans. A mon retour, j’ai eu un mal de chien à « raconter » (comment veux-tu raconter un an !), et pourtant, encore aujourd’hui, j’ai encore presque chaque jour une anecdote à raconter !
    Quelle chance a Petite Gavotte de vivre ces beaux moments de voyage avec vous tous et de se faire de si beaux souvenirs, même si c’est un peu difficile pour elle !

  6. Répondre Cath 9 novembre 2018 à 16 h 37 min

    Un papa qui travaille loin, c’est compliqué : ça crée des sentiments confus chez les enfants surtout après les périodes de grandes retrouvailles (mon ainé est aussi d’août 2012) ! On a vécu ça pendant quelques années mais finalement, on a choisi le déménagement pour se rapprocher ! Je suis admirative de la façon dont vous gérez ça 🙂

  7. Répondre CéciliAcidulée 9 novembre 2018 à 21 h 47 min

    Oh ta petite puce m’a mis la larme à l’œil… Le souvenir de ces vacances à 5 est encore très vivace dans son esprit. Ce qu’a dit Camille est juste ; une part de Petite Gavotte erre sans doute dans les rues de Tokyo ou le long d’un lac…

  8. Répondre Catherine Jambou 9 novembre 2018 à 22 h 37 min

    C’est difficile quand on est petit et que les émotions nous submergent sans pouvoir exprimer ce qu’on ressent. Camille a mis les mots! (J’ai encore le souvenir de ce sentiment 50 après et la sensation du bouillonnement me remonte rien qu’en y pensant, courage petite fille!)

  9. Répondre Surfcity_98 10 novembre 2018 à 3 h 20 min

    Tellement d’accord avec cette histoire d’ame Voyageuse…

  10. Répondre MissBrownie 10 novembre 2018 à 20 h 17 min

    C’est en effet poétique de dire que son âme est encore là-bas.
    Celle de mon frère y est aussi je crois 😉 Il est persuadé que dans une autre vie il était japonais. Le retour a été dur pour lui après plus d’un an à Osaka.
    Ici le retour après 3 semaines en Tunisie est toujours un peu compliqué au moment du coucher car là-bas on dort tous les soirs à 5 dans la même chambre. Chichi a ensuite beaucoup de mal à dormir seul.
    Petite Gavotte n’avait certainement pas envie de retrouver le quotidien et la routine pour pleins de raisons

  11. Répondre Soa 12 novembre 2018 à 9 h 38 min

    Je la comprends ! Elle a eu un coup de cœur et probablement eu envie de prolonger encore son bonheur là-bas ! Pour ma part, je déprime toujours un petit peu à chaque retour de voyage. Çà ne rate jamais, j’ai besoin de quelques semaines pour me remettre du retour. Si à la quarantaine, je n’arrive pas forcément à gérer les retours, imaginons une enfant de 6 ans. Gros bisous.

  12. Répondre charlotte 12 novembre 2018 à 10 h 19 min

    Une petite fille nostalgique et hypersensible

  13. Répondre Carène 13 novembre 2018 à 10 h 21 min

    Quel magnifique article! Tellement beau et sensible, et cette Camille, une vraie poétesse!

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