Comment je suis devenue martiniquaise

IMG_9538C’est drôle parce que petite, j’avais peur de tout le monde et de tout. Maintenant, l’inconnu me donne des ailes et j’ai une faim de loup de tout découvrir. Loin de me déstabiliser, le changement me stimule. D’ailleurs, quand je pars en voyage, je m’adapte en général assez vite que ce soit au climat ou aux us et coutumes.

Cependant, lors de mon voyage en Martinique, j’ai en quelque sorte « battu les records » parce qu’au bout de 4 jours, je peux vous le dire sans aucun doute : j’étais martiniquaise (et ma tendance à l’exagération, elle, est marseillaise).

Sans rire, j’ai tout de suite été charmée par l’île, par ses habitants, pas sa nourriture, par sa végétation, par son identité si marquée car la Martinique ne ressemble à rien d’autre. Même pas à la Guadeloupe que j’ai visitée fin 2013.Je vous prévois bientôt un petit billet pour partager mes bonnes adresses et mes jolies découvertes mais en attendant, j’avais envie de vous expliquer pourquoi j’étais devenue Martiniquaise (en toute modestie, hum) !

Je suis devenue Martiniquaise parce que :

J’ai appris à mettre et à porter un maré têt – Pour notre première soirée martiniquaise, nous avons eu le privilège de rencontrer Emmanuelle Soundjata qui nous a retracé l’histoire du maré têt, ces morceaux de tissus enroulés qui font des coiffes incroyables. Dans les Caraïbes, le maré têt est lié à l’esclavage car il était imposé aux femmes noires libres pour maintenir visibles les écarts de classes sociales. Emmanuelle a décidé de reprendre le maré têt pour l’utiliser comme un accessoire de mode et d’affirmation. J’ai tout de suite aimé le côté « maintien » qui ne serre pas du maré têt. Regardez si on est pas belles avec Isa (malgré le décalage horaire en pleine poire) ?mare tetmare tet 2Emmanuelle propose des ateliers maré têt à Fort-de-France, n’hésitez pas à visiter sa page Facebook et à lui rendre une petite visite. Merci à elle pour notre belle discussion et pour la manière qu’elle a de partager sa passion.

J’ai participé à une dégustation de rhum – Le rhum a toujours été mon alcool préféré, j’étais donc super contente d’apprendre à le déguster avec Guy Ferdinand au Petibonum sur la plage du Carbet. Surtout devant le coucher de soleil de folie auquel il nous a été donné d’assisté ce soir-là.lepetitbonum

À mon grand étonnement, je me suis découverte un « nez » pour le rhum. Je sentais bien les différences entre chaque bouteille avec parfois une odeur de foin, de bois ciré, de sucre, de caramel, d’agrume… D’ailleurs, le saviez-vous ? Le rhum Martiniquais a son AOC !

Je bois mon rhum comme les Martiniquais – Avec du citron vert, du sucre de canne et surtout : sans glaçon !

J’ai fait le marché couvert aux épices et aux fleurs avec Prisca Morjon, blogueuse culinaire martiniquaise ! Du coup, je sais désormais reconnaître le curcuma, l’abricot peyi (qui ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà goûté) et cuisiner la soupe zabitan (avec du pourpier, du giromon, des épinards…) ! Vous n’imaginez pas à quel point c’était génial de découvrir toutes les richesses de ce marché grâce aux explications passionnées de Prisca. D’ailleurs si vous souhaitez cuisiner créole, filez sur son blog !Prisca_MorjonIMG_9530IMG_9537J’ai mangé des accras matin, midi et soir sans m’en lasser – Surtout que les accras sont le plat traditionnel du Carême en Martinique (oui, oui !). Et j’ai mangé du poulet boucané en bord de route aussi ^__^

J’ai découvert que le carrelage de la bibliothèque Victor Schoelcher était le même que celui de ma cuisine. Cet édifice historique est tout simplement sublime à l’intérieur et à l’extérieur.

carrelage

bibliotheque_schoelcherJ’ai dansé le zouk – Moi, la fille handicapée de la danse, la fille dont le moindre pas chorégraphique ressemble à la danse des canards, j’ai dansé le zouk. Seule sur une scène avec mon partenaire, devant une assemblée attablée. Mais comme j’avais un bon professeur (merci Thierry !), je suis restée digne (ou presque). Et sinon Isa, si tu diffuses la vidéo, t’es plus ma copine.

Je me soigne désormais à l’atoumo et à l’alwé (aloé-vera) – J’ai découvert grâce à Thierry notre guide et à notre visite du Domaine d’Emeraude l’incroyable richesse de la faune martiniquaise et l’utilisation quotidienne qu’en font les Martiniquais. Du coup, j’ai rapporté de la tisane d’atoumo (la plante qui soigne tous les maux !)

atoumo

Et surtout : j’ai fait de la yole martiniquaise ! Ah oui, je vous l’ai déjà dit ? Je ne saurai vous expliquer exactement ce qu’il s’est passé… Quand nous avons approché cette grande yole, j’ai été comme aimantée… Les yoles martiniquaises n’ont pas de quille, c’est le poids des hommes et de femmes sur les bois dressés sur les côtés qui permettent à l’embarcation de rester droite sur l’eau. Il faut alors avancer plus ou moins sur le bois dressé selon ses sensations et le commandement du Patron. Quand il a fallu désigner parmi nous qui serait premier bwa (c’est à dire la personne qui est sur le premier bois dressé et qui est aussi les yeux du patron), je n’ai pas pu m’empêcher de crier : « MOI !  » en sautant sur le bateau. Même si j’avais un peu d’appréhension, j’avais une envie féroce d’essayer ! À peine étions nous partis que je me suis sentie complètement à ma place à sortir sur le bois, à faire contre-poids quand le bateau tanguait, à regarder les moutons sur l’eau… C’était comme si j’avais fait ça toute ma vie, c’était fou tellement c’était évident ! Si je vivais en Martinique, je peux vous assurer que j’aurais rejoint l’équipe féminine Smem de l’association Fem&hHom à la barre. D’ailleurs, je vais les soutenir cet té à distance durant le tour des Yoles ! Un grand merci à Edwige, Céline, Delphine, Mathilde (notre patron !) et à tout le monde pour ce baptême incroyable ! (les photos sont de Thierry Négi, notre guide). yole_martiniquaiseSMEM01 yole_martiniquaiseSMEM02

Alors oui, je m’adapte vite de manière général mais laissez moi vous dire qu’en Martinique, j’ai tout de suite pris le pli. Sûrement parce que les personnes rencontrées m’ont transmis leur passion brûlante pour leur île.

Je me sens donc maintenant Parisienne/banlieusarde/Bretonne et un peu aussi Martiniquaise !

Je reviens bientôt avec un billet sur la Martinique, promis !

Mille merci à XL Airways et au Comité Martiniquais du Tourisme pour l’invitation à ce voyage de folie. Avec un merci particulier à Stéphanie, François, Thierry et André qui ont rendu ce voyage encore plus spécial.

Et un coucou à mes compagnes de voyage Fatou, Clo, Violaine et Isa.

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16 réflexions au sujet de « Comment je suis devenue martiniquaise »

  1. 1
    Zazimutine says:

    C’est étrange non, ces endroits où on n’a jamais posé le pied et où on sent pourtant « en évidence »?, j’adore ton récit! Tu me donnes envie de filer direct là-bas! Et chapeau pour la yole parce que ça a l’air costaud!

    • Oui ! J’ai eu cette impression à Jérusalem et à La Rochelle ! C’est comme si je connaissais déjà ces deux villes avant d’y avoir posé le pied !
      La yole, c’est vraiment très instinctif !

      • david says:

        je suis allé en Martinique qu’une seule fois chez un cousin et effectivement il y a quelques choses dans l’ambiance qui fait qu’on se sent chez soi, on adopte avec une aisance les façons de faire de la bas, super article

  2. 2

    Merci pour ce billet qui nous laisse un doux parfum d’exotisme! Cela a dû être une formidable expérience, qui sera sans doute renouvelée si je comprends bien!

  3. 3
    cousetteetc says:

    Maintenant tu le sais, je suis nordiste, lilloise et martiniquaise. Et tu sais pourquoi . La Martinique a tout de suite fait battre mon cœur et même si j’avais hâte de retrouver mon petit colibri quand on s’est croisée à l’aéroport, quitter la Martinique me rend toujours un peu triste… La prochaine fois pour nous c’est Noel-Nouvel An dans notre jolie ville de ste Anne

    Aurélie

    • Comme je te comprends ! J’espère bien pouvoir emmener ma petite famille y faire un tour dans les prochaines années. Et qui sait, on aura un peu de temps pour boire un punch ensemble ?
      PS : merci d’être venue nous faire un petit coucou à l’aéroport !

  4. 4
    Violaine says:

    Super article!!! 🙂 Ça m’a rappelé de bons souvenirs hihi Hâte de lire la suite!

  5. 5
    missoaz says:

    Chouette immersion ! j’adorerais savoir mettre un maré têt.nous connaissons la Guadeloupe mais pas encore la Martinique. je l’inscris donc sur ma liste des voyages à faire 🙂

  6. 6
    charlotte says:

    ça donne envie de découvrir la martinique

  7. 7
    Clo says:

    Coucou ma belle !
    J’ai adoré lire ton article ! On en a fait des choses chouettes quand même ! En tout cas, j’ai été ravie de partager ces quelques souvenirs avec toi !
    Bises !
    Clo

  8. 8

    Mouhahaha la vidéo… Je crois que j’ai une photo aussi !!! C’était top de partager ça avec toi.

  9. 9
    Cambon says:

    Un joli article qui me parle beaucoup!
    Dans mon cas, ça se serait intitulé « Comment je suis devenue balinaise », mais je m’y reconnais en tous points (à part pour l’alcool peut-être, encore que… ;)).

    Parfois on pose le pied quelque part et c’est comme une évidence. La culture, le pays, le climat, tout semble tomber sous le sens, doucement, facilement, naturellement.

    Jeni Cambon

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