Grossesse

Pourquoi je ne ferai pas de projet de naissance

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Lorsque j’ai écrit le livre, je savais que je devais impérativement faire un paragraphe important sur les projets de naissance. Pourtant après deux grossesses diamétralement différentes et deux accouchements rapprochés, j’étais plutôt « agacée » par cette idée de faire un projet de naissance, nouvelle mode chez les futures mamans. En fait, j’avais du mal à comprendre pourquoi on voulait faire un projet de naissance. J’ai donc effectué quelques petites recherches, lu des témoignages, posé quelques questions pour comprendre ce qu’il y avait derrière cette démarche. J’ai alors compris qu’il y avait à la base beaucoup de peurs et d’incompréhension face au milieu médical et une envie de se réapproprier son accouchement. J’ai donc cherché les meilleurs moyens pour que ce projet de naissance soit le lien entre les parents et le personnel médical et non pas un mur entre-eux, épaulée dans cette mission par la sage-femme Marie-Christine Bourg et le Docteur Lafarge-Bart et je suis très heureuse de ce petit chapitre dans le livre (que je vous invite à lire, évidemment, huhuhu).

Maintenant, je vais allumer la lanterne rouge qui dit  » ceci est un témoignage qui ne concerne que moi et que je ne projette sur personne. Je ne juge pas ceux ou celles qui souhaitent faire de manière différente ». Mais voilà, le projet de naissance ne me concerne pas. Je pars du principe que je fais confiance au milieu médical pour faire ce qui est le mieux pour moi et mon bébé. Je pense que j’ai assez confiance en moi pour dire ce que je veux et ne veux pas sans avoir besoin de le formuler sur papier. Et je sais que c’est pareil pour MMM. Je pars également du principe que je me suis assez renseignée avant, que j’ai été préparée comme il le fallait (et ce depuis ma première grossesse) pour savoir ce qui se fait et ne se fait pas en matière d’accouchement. Je pense notamment au très intéressant billet de Petit Bourgeon qui m’a à nouveau fait réfléchir sur le sujet. En toute lucidité, il y a encore des maternités où les accouchements sentent la poussière et les bonnes « vieilles méthodes’ médicales mais les choses avancent et évoluent. Tant mieux. Je sais aussi qu’après deux très beaux accouchements, mon prochain accouchement peut être très différent et moins idylique (on s’entend, idyllique quand on y repense après en ce qui concerne le premier !), il n’y a pas de règle.

Mon projet de naissance à moi n’est pas sur papier. Il se résume à des échanges avant la naissance que ce soit avec les sages-femmes, mon obstétricien à qui je pose TOUTES mes questions et à quelques paroles glissées auprès de la sage-femme le jour de mon accouchement :

– je ne veux pas d’épisiotomie (d’ailleurs, je n’en ai jamais eu) mais si vous avez besoin d’en faire une je le comprends, simplement, pouvez-vous me prévenir avant ?

– pouvez-vous me tenir au courant au fur et à mesure de l’avancée des événements ? Pour Kouign Amann par exemple, la sage-femme m’a prévenue plusieurs fois que le risque de césarienne planait et j’ai ainsi pu me préparer à cette idée sans que cela soit la panique. Finalement, il n’en a pas été question.

– est-ce que je peux boire de l’eau à toutes petites gorgées de temps en temps ?

– si vous le voulez bien, je veux accoucher dans telle position que je connais et que j’ai travaillée, si cela ne marche pas, je me mettrais dans la position que vous souhaitez.

L’idée est d’insister sur les quelques points qui me tiennent à coeur pour ne pas assommer la sage-femme de demandes et de recommandations qui peuvent être vexantes.

Pour ce qui est du reste, j’ai choisi d’accoucher dans un hôpital et pas à la maison, je sais que l’on va me poser un cathéter, une sonde urinaire et tout le tintouin, je l’accepte et je suis consciente que si ça n’est pas nécessaire dans 90% des cas (chiffre au pif, hein), cela peut me sauver la vie ou celle de mon bébé. Sincèrement avoir un cathé dans le bras ne m’a pas empêché de marcher pour accélérer le travail (pour Kouign Amann) ou d’avoir les plus beaux accouchements du monde (notamment en rappelant l’anesthésiste pour qu’il baisse la dose de la péri pour Fleur de Sel car je voulais sentir et être active). Ce sont mes choix, ils ont été respectés et je remercie pour cela le personnel de l’Hôpital des Clefs.

Si je dois donner un conseil (OK, personne ne me le demande mais bon vous pouvez arrêter la lecture ici) aux mamans (et aux papas) qui préparent un projet de naissance c’est de ne pas idéaliser l’accouchement et de ne pas arriver avec un projet de 4 pages à faire lire à l’équipe. Tout ne sera pas comme vous le souhaitez, vous aurez peut-être des forceps, une césarienne, la baignoire ne sera peut-être pas libre pendant votre prétravail alors que vous en rêviez, on aspirera peut-être votre bébé parce que cela sera nécessaire, vous garderez peut-être un monitoring désagréable pendant 2 heures parce que l’équipe sera occupée sur un accouchement à côté et que vous ne serez pas prioritaire, mais voilà, ce sont les aléas du système hospitalier et les conditions d’un accouchement ne peuvent pas se prévoir. Notre système est loin d’être parfait, j’en suis bien consciente et s’il est l’un des meilleurs du monde, il y a encore beaucoup d’améliorations à faire mais quand on échange de manière intelligente avec le personnel médical, l’accouchement est déjà à moitié réussi…

PS : 35 SA aujourd’hui ! Hier : monitoring + écho + consult (en raison de ma grossesse précédente), résultat Mamzelle Pyrrhus nous a fait une grosse poussée de croissance : 2,4 kilos ! Elle est prévue à terme à 3,2 – 3,4kilos, un bébé dans le style de Kouign Amann, long et fin, m’a dit le docteur… Et sinon, aujourd’hui, je commence à préparer ma valise

PS : en photos les bodys de Kouign Amann et de Fleur de Sel. Taille naissance pour l’un, taille préma pour l’autre…

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