Mon merveilleux tour de Houat 2017

Comment vous raconter les sensations vécues lors de mon tour de Houat sans que cela soit mille fois plus fade que la réalité ? Je ne sais pas trop mais sachez qu’il n’y a aucune exagération dans mes propos et que cette édition 2017 est désormais la plus belle course de ma vie.

Après la belle et difficile course de 2015, je savais que quoiqu’il arrive, je serai sur la ligne de départ de l’édition 2017. Comment vous dire… cette course est magique, difficile mais magique. Alors dès l’ouverture des inscriptions, je me suis ruée sur internet pour être certaine d’avoir ma place. Comme parmi la bande de copains de Céline, personne ne courait au même rythme que moi, j’avais dans l’idée de courir seule, ce qui aurait été aussi un gros défi. Et finalement, Azzurra, la nounou des filles avec qui je cours régulièrement, a décidé de s’inscrire elle aussi ! Génial !

À l’entrée de l’été j’avais donc cet objectif en ligne de mire avec la notion de la difficulté intense de cette course : 18 km avec de la plage, des sentiers côtiers qui montent et qui descendent sans cesse, des escaliers, du sable mou…

Sincèrement, je me suis mis la pression au début de l’été. je partais courir contrainte et forcée pour Houat, je me disais que je n’en faisais jamais assez, que j’allais vraiment souffrir, blablaba.

Une fois au camping dans les Cévennes, j’ai essayé de courir un matin et j’ai cru crever au bout de 2,5 km. Chaleur intense + dénivelés de ouf, j’ai dit stop. Je cours quand j’ai envie et quand c’est gérable. Pour Houat, on verra quand on y sera. En guise de musculation des mollets (ils m’avaient bien fait souffrir il y a 2 ans), je faisais les trajets du camping avec un Pin’s sur le dos. Je ne me sentais donc pas super préparée pour la course mais une semaine avant, nous bouclions dans la joie un 15 km d’entraînement à la cool avec Azzurra ce qui indiquait que nous avions les capacités pour au moins le terminer, ce tour de Houat.

Bref, vendredi 25 août à 18h, toute la famille prenait le bateau avec une partie de la bande des joggers direction Houat ! Quel plaisir de poser à nouveau le pied là-bas ! Le temps de planter la tente HLM avec vue sur la mer, de manger des pâtes instantanées dans le vent froid, de se laver les dents et hop, j’étais au lit pour une nuit de… 11 heures. Il faut croire que l’insomnie de la nuit précédente avait laissé des traces et que le bruit des vagues me berçaient parfaitement !

Et puis voilà, nous y étions : le 26 août… J’ai récupéré mon dossard, le numéro 400. Fleur de Sel m’a dit que si ça se trouve, j’arriverais 400ème. Je lui ai dit que c’était fort possible vu que nous étions 421 sur la ligne de départ et que ça me conviendrait bien. Je suis allée faire la vaisselle avec MMM qui m’a regardée dans le blanc des yeux et m’a dit compatissant : « tu vas souffrir, toi. Grave ». Je sais, je sais, ça va être bien dur, je m’y attends.

Céline, Azzurra et les autres copains sont arrivés par le bateau du matin et nous avons commencé à nous préparer gentiment. Nous étions 9 adultes et 10 enfants, une jolie colonie (assez bruyante, il faut l’avouer). Si vous le permettez (sinon, tant pis pour vous), je passe au présent parce que je me suis perdue en route lors de l’écriture de ce billet et que je manque de temps pour tout accorder. Pardon, pardon.

Sur le chemin vers la ligne de départ, j’ai le plaisir de croiser des lectrices : Lucile puis de rencontrer Nol, venues avec leur maris pour courir le 9,6 km. Ça fait du bien ces rencontres, ça donne de l’énergie.

Avec Azzurra, nous sommes assez calmes mais nous avons une furieuse envie d’y aller !

Le départ est donné, Azzurra et moi partons à notre rythme, nous ne savons pas qui fait le 18 et qui fait le 9 car nous sommes tous ensemble pour cette première boucle. On croise les enfants et les copains, on fait des réserves d’encouragements car les Houatais sont dans la rue mais plus tard, nous serons seules dans les cailloux !(c’est nous en rose dossards 400 et 233)

Une fois la première boucle terminée, nos chemins se séparent du 9 km et là, nous nous rendons compte que nous sommes les dernières avec Hervé, adorable bénévole, qui est chargé de faire le coureur balai (avec le tee-shirt blanc sur la photo). C’est rassurant d’être en fin de course. Hervé nous conseille, nous dit qu’il a de l’eau si on a besoin et qu’on commence par le plus dur. Effectivement, on court dans le sens inverse des éditions précédentes. Après le bourg, on part donc vers le port et les escaliers à monter, à descendre et le sentiers côtier escarpés à la mort.

Azzurra et moi nous sentons très bien, tellement bien qu’on commence à doubler gentiment et qu’au bout de 4 km, nous quittons définitivement Hervé. Notre duo est bien rodé : Azzurra devant dans les montées et moi devant dans les descentes où j’arrive à accélérer le rythme. Il fait une chaleur de DINGUE. Heureusement, un voile brumeux entoure l’île pour alléger un poil l’atmosphère. J’ai un peu honte mais je saute sur un monsieur qui attend une coureuse avec une bouteille de menthe à l’eau, le suppliant : « je peux ? ». Avec un grand sourire, il me dit « mais oui ! » ! (je le remercierai chaleureusement quand je le recroiserai plus tard mais quand même, je suis un peu honteuse !).

Nous discutons de tout et de rien, nous allons à notre rythme, nous profitons de la vue incroyable et de notre solitude dans cet endroit idyllique. L’avantage c’est qu’avec Azzurra, nous avons le même rythme, que nous sommes régulières et que nous avons toujours des histoires à nous raconter !

Nous passons le cap des 6 premiers kilomètres sans encombres. Zéro douleur en ce qui me concerne si ce n’est un ongle de pied coupé trop court, le cardio au top, les mollets légers. Je réalise que je vais terminer cette course sans subir d’atroces souffrances vu que nous sommes actuellement dans le dur.

On déroule jusqu’au bout de l’île, à la Croix où nous attend le premier ravitaillement. Déception, ce n’est que de l’eau alors que je rêve d’un coca… Pas grave, on repart et à 10 km, on prend notre petit coup de fouet liquide au citron. Hyper sucré mais ça fait effet.

Le dur est soit-disant derrière nous mais on continue à monter et à descendre non-stop. Nous commentons le paysage si beau, la couleur de l’eau, notre chance d’être là. Azzurra et moi prenons soin l’une de l’autre. On se demande si ça va, on rit, on râle aussi pour plaisanter mais on se régale. Mentalement, je remercie MMM d’avoir su si bien choisir cette perle il y a 6 ans pour garder notre Fleur de Sel (puis notre Petite Gavotte). À peine sorti de chez elle, il m’avait dit : « on la prend elle. Elle est calme, intelligente, gentille et elle a du bon sens et de l’humour ». Il avait 100% raison.

Nous croisons Céline (qui avait couru le pont du bonhomme avec moi) et Marco. Céline a une douleur et ne peut continuer, pas facile de s’arrêter. Marco repart et nous double aussi sec ! On a pas tous les mêmes qualités de coureur ^__^

12 km, premier vrai ravitaillement ! OUF ! Banane, coca, verre d’eau sur la tête, je revis ! On ne s’éternise pas, on repart sur les sentiers escarpés où il fait si chaud ! Nous avons fait 2/3 de la course ! Pour la première fois de ma vie, j’ai une ampoule en course sur le doigt de pied (et non, ce n’est pas un ongle coupé trop court finalement). Tant pis, on fera avec !

Entre 13 et 14 km, j’accuse un petit coup de mou alors je partage une pâte de fruits avec Azzurra. Alors que je me dis que ça devient un poil dur, nous amorçons la descente vers la plage qui voit-on ? Nos supporters préférés ! Je peux vous dire que ça vaut toutes les pâtes de fruits ça ! On claque des mains, des bises, juste ce qu’il faut pour affronter le sable mou du début de plage.

(oui, on court même si on dirait qu’on est à l’arrêt, on court !)

Fleur de Sel et Kouign Amann nous accompagnent durant toute la plage (ils se feront ensuite assaisonnés par leur père mais bon, tout s’est bien terminé !). C’est génial, ça nous change les idées et ça nous colle une énergie dingue. Enfin, je monte quand même à 4 pattes la petite échelle bleue de la sortie de plage. Le sable, c’est quelque chose !

Un ravitaillement (il me semble, c’est un peu confus dans ma tête) et on repart vaillamment vers la grande plage ! Elle semble interminable mais nous savons que le plus dur est fait. Nous rêvons d’un bon bain de mer mais nous continuons à avancer régulièrement. Pas vite mais régulièrement. C’est difficile psychologiquement de savoir que l’on y est presque mais pas encore tout à fait.

Après une sortie de plage d’une difficulté incroyable, nous arrivons vers le bourg. On retrouve MMM et les Pin’s. Les enfants courent avec moi, on croise les visages des enfants et des copains. Azzurra me demande si on y est. Pas encore tout à fait, pas encore. Les Houatais nous encouragent, on se rapproche…

On voit enfin le stade et ces derniers mètres sont éternels. Les Pin’s à nos côtés, je vois Céline et je l’entends nous encourager, nous avançons vers la ligne d’arrivée… nous la passons main dans la main, heureuses et fières de nos 18,5 km en 2h34…

Quelle belle course les amis et quelle belle expérience humaine à partager.

2h34, nous sommes d’accord, ça n’est pas rapide mais j’ai amélioré ma vitesse moyenne au km de 25 » par rapport à 2015. Et surtout, je n’ai jamais souffert. J’ai eu mal un peu, j’ai été essoufflée, ça a tiré sur mes mollets mais jamais, je n’ai souffert. Et ça, je trouve que c’est un beau cadeau à faire à son corps : lui permettre de courir 18,5 km sans souffrir.

Nous terminons 351 et 352ème mais vous savez quoi ? On doit finir sur le podium de ceux qui ont pris le plus de plaisir !

(que je l’aime cette photo de nous deux, ravies)

Et quel bonheur de retrouver les copains ensuite, ceux qui ont couru (retrouvez le billet de Céline ICI), ceux qui n’ont pas pu, ceux pour qui ont a couru, ceux qui ont pris date pour 2019…

Nous avons terminé le week-end par des sandwiches au pâté, des bains de mer, des douches collectives, des moules-frites, des bières, du rosé, un coucher de soleil parfait, une nuit au bruit des vagues, un poulet frit, des rires et du plaisir, beaucoup. Merci Houat pour ce week-end incroyable avec une météo parfaite. Merci aux organisateurs toujours au top de cette course magique, chaque bénévole est un sourire en puissance et tout est parfaitement huilé. Merci Céline et les copains de nous avoir fait une place dans votre bande de coureurs. Merci les enfants d’avoir été si cool et d’avoir profité autant que nous. Merci MMM qui met en place tant de petites choses pour que je puisse courir 2h34 sur un caillou perdu dans l’Atlantique.

Houat, toi et moi, nous avons rendez-vous en 2019, je te le promets.

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38 réflexions au sujet de « Mon merveilleux tour de Houat 2017 »

  1. 1
    Mde Nenette says:

    2019 nous le ferons avec toi Encore bravo

  2. 2
    jaimebienquandmeme says:

    Superbe ! Quel pied !

  3. 3
    Maud From LR says:

    Whaou Supermarjo 🙂 2h34 pour 18 kms avec du dénivelé et du sable, c’est plus que bien dis-donc ! Le trail « c’est la vie » comme diraient mes filles. Moi j’adore en tous cas. Je suis inscrite avec mister JM sur un 46 kms avec dénivelé de 1600 m en Corrèze dans deux semaines. Alors que je n’ai fait que deux courses de 18 et 21 kms pour le moment… Gloups.

    • Je crois que je ne pourrais jamais courir sur route tellement j’aime le trail !
      Tu m’impressionnes avec tes distances et Superman encore plus ! (Et là, je me rends compte que ce surnom a 18 ans…). Je penserai à toi. Bisous !

  4. 4
    sophie says:

    Wow, bravo Marjolaine. Je suis admirative de ta prestation houataise ! bisous

  5. 5
    Marlène says:

    Cette article est tellement magnifique à lire, j’avais l’impression d’y être et surtout de revivre le tour de Houat.. J’espère vraiment être de la partie en 2019… Tu es trop forte marjo. Houat m’a manqué cette année ainsi que les copains.. Encore bravo pour la course et cette article… Bisous

  6. 6

    Je crois que ton article est la définition même du bonheur en barre 🙂 . Je n’ai pas de doute sur le fait que ce fut une course extraordinaire et un WE absolument génial. Bravo à toi et merci d’avoir fait partager ton enthousiasme !

  7. 7
    Lucile says:

    Un grand plaisir pour moi aussi de te croiser 🙂
    Des bises !

  8. 8
    cleopat says:

    Félicitations à vous deux! je suis admirative 🙂

  9. 9
    Poulette Dodue says:

    Un défi relevé dans le plaisir et l’amitié <3

  10. 10
  11. 11
    odile says:

    super tu as l’air d’avoir pris un tel plaisir ça fait du bien à te lire bisous

  12. 12
    Chauba says:

    Bravo !!! Ça donne envie du coup…

  13. 13
    mamyvonne says:

    Moi aussi j’ai eu l’impression de faire la course ! Et pourtant …

  14. 14
    Marjitj says:

    Bravo!!!! Chapeau bas madame, ca avait l air un peu magique cette course et Tu me donne furieusement envie de me re-inscrire sur une course!!!

  15. 15
    bibi says:

    Wouah super! C’est vrai qu’elle est chouette cette photo de vous à la fin, je sais pas si c’est juste après ou quelque temps après l’arrivée, en tout cas, vous êtes fraiches comme tout! c’est vrai qu’il faisait drôlement chaud ce samedi-là. Demain je fais mon 1er Auray Vannes! Ton compte-rendu me donne la pêche 🙂

  16. 16
    jessica says:

    Et coucou!
    Félicitation! J’ai réalisé un 10km mais un 18km, je n’y suis pas encore…il m’en faudra du temps pour arriver à cette performance. Bravo vraiment!
    Bon week-end

  17. 17

    Jolie course, et bravo, tu m’épates !! Moi, ce que j’ai préféré, c’est le week-end tout entier, après 😉

  18. 18

    Au passé composé comme au présent j’ai versé la petite larme! quel beau récit qu’elle belle aventure!

  19. 19
    Bénédicte says:

    Bravo pour cette belle course, je suis admirative

  20. 20

    Un billet plein d’émotions… On sent tellement le plaisir du dépassement de soi, le bonheur du temps passé avec votre nounou et amie, et la fierté d’avoir terminé sans (trop) souffrir…

    Bravo à toute les 2, tu donnerais presque envie de se mettre à la course à pieds !

    Virginie

  21. 21
    Marilune says:

    Je dirais juste : bravo les filles! Mais évidemment, avec tout ce fan club à fond derrière vous, vous n’aviez pas le choix!

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