Jardin

Philosophie du jardinage

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Ma mère m’a toujours dit : « Un jardin, c’est du travail ! ». Je peux le dire aujourd’hui (mais ne lui répétez pas), ma mère a souvent raison et sur le coup, elle a 100% raison.

Je me souviens l’avoir vu plus que de raison tondre la pelouse, tailler les haies, désherber les massifs de la maison de mon enfance avec une énergie folle.

Le jardin de notre longère bretonne est notre premier jardin à nous. Au moment de la visite du jardin avec l’agent immobilier, j’ai retenu ma respiration : j’avais peur qu’il soit trop petit ou pire trop grand. Trop petit, ça voulait dire pas assez de place pour profiter de l’extérieur et trop grand, ça voulait dire trop d’entretien.

Il était juste comme il fallait selon nos critères : 1000m2 avec la maison dessus.

J’avais de grands projets pour notre jardin mais très vite, j’ai compris que j’allais devoir les revoir à la baisse, faute de temps et/ou d’énergie. J’ai passé la première année dans cette maison enceinte avec deux enfants en bas âge, l’année suivante j’étais la maman de trois enfants de moins de 4,5 ans… Et ainsi de suite. Forcément, la priorité, ce n’est pas le jardinage dans ces moments de vie.

Avec les travaux, une nouvelle ère a commencé. Nous avons déjà remis à notre goût une partie du jardin côté sud et nous essayons de dompter notre jardin à l’anglaise.

Côté nord, c’est le chaos. Mon mari a beau monter en temps et en heure les murs que nous avions prévu de monter avec les pierres qui nous restent des travaux, nous savons pertinemment que ce coin de jardin ne sera pas praticable avant un an ou deux.

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Pour l’instant, nous avons droit à un terrain complètement en friche avec des herbes hautes, des trous laissés par les chenilles des engins de chantiers.

Après les bambous, je me découvre jour après jour de nouveaux terrains de bataille : les frênes qui sont difficiles à arracher, les limaces qui mangent nos fraises, les ronces qui percent mes gants et mes doigts, la pelouse qu’il faut tondre régulièrement, les pissenlits qui s’installent dans les graviers de la terrasse…

C’est vraiment un boulot prenant.

Je me souviens de Béa Johnson qui dit dans son livre Zéro Déchet quelque chose comme : l’entretien de notre maison et de notre jardin nous prenait trop de temps alors on a déménagé pour une maison plus petite et un jardin avec moins d’entretien pour pouvoir faire autre chose de notre temps libre.

En substance, je suis complètement d’accord avec ce qu’elle écrit. Pourtant, je n’échangerais mon jardin et ma maison contre aucun autre au monde.

En essayant de comprendre pourquoi, j’ai vite découvert que même si cela pouvait paraître un boulot contraignant, j’aimais jardiner.

Oui, j’aime suer à grosses gouttes quand j’arrache mes ronces. J’aime patouiller mes mains dans la terre et prendre soin de mes plantations. J’aime pousser ma tondeuse en faisant attention à ne pas couper le fil. J’aime réfléchir quel endroit merveilleux ce jardin sera dans le futur.

Et surtout, j’aime voir le travail accompli. Le travail du jardin est visible et propose le meilleur salaire : la fierté. La pelouse tondue de frais, la terre retournée prête à être arrosée, ce petit coin de verdure débarrassé de ses ronces, les fraises que l’on va cueillir avec gourmandise… Mais il est aussi ingrat et exige une attention soutenue.

 

J’aime aussi particulièrement la manière dont mon corps est fatigué après une journée de travail au jardin. La douche n’est jamais aussi bonne (et nécessaire !) qu’après une lutte acharnée contre les frênes !

Et puis, nous faisons ces menus travaux en famille et ça, je sais que ça vaut de l’or. J’essaie d’apprendre mes maigres connaissances aux enfants, je les fais participer du mieux que je peux, pas toujours avec patience mais bon, je me soigne. Mon mari les a même fait travailler sur le mur en cours, ils ont fait de super maçons très utiles, à mon grand étonnement.

 

Alors oui, Béa Johnson a peut-être raison, entretenir un jardin, ça mange du temps sur les loisirs mais tant que cela se passe de cette manière chez nous, avec plaisir et bonne humeur malgré la difficulté de la tâche, alors, cela nous convient bien.

Et si ça change, il sera toujours temps de trouver un havre de paix plus petit…

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20 commentaires

  1. Répondre Marie des marais 28 juin 2016 à 7 h 49 min

    C’est tellement ça ! Le soir, j’adore me promener dans mon jardin, couper les fleurs fanées, arracher l’herbe indésirable, chercher les nouveaux boutons près à éclore. Après une journée intense au boulot, ça me ressource 🙂
    Bonne journée !

  2. Répondre celine 28 juin 2016 à 9 h 09 min

    « Il faut cultiver notre jardin » disait Voltaire ! Au sens propre comme au sens figuré… Je regrette de n’avoir qu’un balcon d’ailleurs car je me souviens des dimanche au jardin chez mes parents, on râlaient mais finalement la douche du soir avec ce bonheur du travail accompli c’était top pour éviter le blues du dimanche soir et commencer la semaine avec l’esprit clair !

  3. Répondre Maman Poule et Cie 28 juin 2016 à 9 h 15 min

    Entièrement d’accord avec toi ! Le jardin, c’est drôlement chronophage mais en même temps, c’est un tel plaisir ! Chaque fois que je sorts, je vois tout ce qu’il y a à faire et parfois ça me décourage. Mais je me reprends vite en me disant qu’il est beau comme ça, même en bazar et que les choses se feront petit à petit.
    Pour les limaces, un petit verre de bière à côté de tes plantations. Une fois pompettes, elles n’arrivent plus à sortir du verre (bon c’est un peu radical mais c’est sans produits chimiques et elles font la fête).

  4. Répondre Fanchette 28 juin 2016 à 9 h 22 min

    Tout pareil !
    J’ai la chance d’avoir trouvé un jardin certes en friche mais avec plein de choses sous les ronces. Quel plaisir de voir la vigne donner à nouveau du raisin après des années d’enfouissement, de voir les pavots de plus en plus nombreux chaque printemps, les roses de toutes les couleurs, les framboisiers qui prolifèrent…
    Alors certes c’est plus long pour nettoyer car il y a toujours quelque chose à sauver donc il faut être minutieux avec la débroussailleuse, mais ce jardin a dû faire la fierté de quelqu’un avant nous autant le respecter…

    La première année on a gardé un énorme roncier ; pas besoin d’aller courir la campagne pour la récolte de mûres ! Vive les confitures 😉
    L’hiver suivant on a tout arraché : les ronces c’est plutôt facile à éradiquer je trouve (par rapport au P…!!!!! de fenouil) avec de bons gants anti-pique.

    Et puis le jardinage c’est du sport ! Elle va à la salle de gym Béa Johnson ?
    Bon courage.

    Signé la fille qui a passé son dimanche après-midi à déliérrer un mur… et arracher des fenouils (encore et toujours…)

  5. Répondre Val Lao sur la Colline 28 juin 2016 à 9 h 51 min

    Jardiner peut être un loisir en soi !
    Personnellement, je déteste, alors que j’aime beaucoup avoir un jardin. Nous en avons un de 1.300 m², avec une bonne partie en pente. « Nous » (= mon homme, en fait) avons planté plein d’arbres. C’est surtout mon homme qui s’occupe du jardin, même le potager que je tenais avant d’aménager ici, je ne le fais plus dans notre nouvelle maison. Mais malgré le temps qu’il y passe, c’est un bordel pas possible. L’herbe c’est du n’importe quoi, on n’est pas équipé pour tondre assez fréquemment. J’ai un rapport d’amour haine, avec ce jardin. Pas envie de m’en occuper, et pressée qu’il ressemble à quelque chose.
    En fait, c’est pas tant que je déteste jardiner, parce que les rares fois où je m’y mets, j’y prends goût, et j’apprécie toujours le travail accompli en fin de journée, mais c’est que pendant tout le temps que j’y passe, je préférerais être à autre chose… C’est le temps que ça prend, qui me pose problème, pour un résultat aléatoire et non durable (un peu comme le ménage, en somme).

  6. Répondre Daily about Clo 28 juin 2016 à 10 h 11 min

    Je n’ai pas de vrai jardin, seulement un bac avec quelques herbes aromatiques. Pour le moment, je laisse ce travail à mes grand-parents qui font ça avec passion et c’est un plaisir d’aller les voir pour aller chercher des fruits et des légumes qu’ils ont fait pousser.

  7. Répondre Sofinet 28 juin 2016 à 10 h 30 min

    Et en cas de grosse flemme ou de planning trop chargé il y a aussi possibilité de solliciter qqn via les chèque emploi… Nous l’avons fait pour notre maison secondaire bretonne afin d’éviter de passer trop de temps à tondre en arrivant au lieu de profiter du bord de mer… C’est un petit budget mais très ponctuel. On ne regrette pas…

  8. Répondre Amalia 28 juin 2016 à 10 h 46 min

    Tondre ma pelouse toutes les 2 semaines me pompent l’air, mais en fait j’aime faire j’y prends goût ça me détend (et je fais du sport 😉 )

  9. Répondre mame annie 28 juin 2016 à 10 h 59 min

    Quel boulot !
    surtout quand on veut faire ecolo !
    pas facile de se battre avec les mauvaises herbes et les petites bebetes, je ne suis pas très experte en la matière !
    les voisins estivants viennent d’arrivée et ils ne sont pas venus de l’hiver laissant leur terrain en friche avec des hautes herbes qui se sont ressemées …… Chez nous… je ne sais plus quoi faire !
    Mes tomates ont attrapé le mildiou et ne sont pas brillantes ……
    Il y a des jours ou je reve de « roundup » ….. C’est tellement plus facile !

  10. Répondre mame annie 28 juin 2016 à 11 h 00 min

    il faut lire « viennent d’arriver » oups la « fote » ! (on ne peut pas corriger sur le commentaire !)

  11. Répondre 100drine 28 juin 2016 à 11 h 41 min

    J’ai ri en lisant « pousser la tondeuse en faisant attention à ne pas couper le fil » car j’ai acheté pour la première fois de ma vie une tondeuse ! Comme on a un tout petit jardin, elle est électrique et dimanche dernier en me battant avec ce fil qui ne demande qu’à passer sous la bête, je me demandais « mais comment font les autres??! »

    J’aime aussi prendre soin de notre tout nouveau jardin mais j’ai aussi étalé dans le temps mes projets car finalement même si le jardin est petit cela prend du temps! Je prends donc le temps de réfléchir à quelles plantes je veux planter et où dans mon jardin… un vrai plaisir!
    Même si mon citronnier est tout bouffé par des bêtes (pucerons, limaces, escargots??) et que je ne sais pas quoi faire, je vais apprendre!

  12. Répondre MissM 28 juin 2016 à 12 h 20 min

    Pour que le fil de la tondeuse ne finisse pas en morceaux, je le fais passer sur mon épaule (depuis la prise de la tondeuse). Pour le moment, je n’ai rien trouvé de mieux…

  13. Répondre Héléna 28 juin 2016 à 14 h 31 min

    Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis! Cela peut paraître une corvée de prendre soin de son jardin mais c’est tellement agréable de constater le travail accompli. Quelle fierté d’avoir un beau jardin, surtout quand c’est grâce à nos efforts 🙂

  14. Répondre Marie Bambelle 28 juin 2016 à 18 h 07 min

    Pour te décomplexer et en apprendre plus sur le jardin, je te conseille le livre de Rodolphe Grosléziat : « Le Potager anti-crise ». Il a un blog aussi, la Reptily Family qui montre le chemin qu’il a accompli en partant d’un terrain vague en friche pour arriver à son magnifique jardin aujourd’hui. Tu connais peut être déjà?

    Sinon, je n’ai jamais considérer qu’entretenir le jardin était une corvée. Pour moi c’est un loisir, donc Béa Jonhson (j’ai lu son livre) parle pour elle, mais moi plus j’y passe de temps et plus je suis heureuse! En outre, et tu le constateras au fil des années, le besoin d’entretien va en diminuant au fur et à mesure que ton jardin atteint sa « maturité ».

    Dernier conseil d’une accro du jardinage : pense à pailler tes plantations (massifs et potager) pour ne plus avoir besoin d’arroser du tout (et avoir en plus un endroit où mettre ta tonte de gazon!).

  15. Répondre Dominique 28 juin 2016 à 23 h 17 min

    moi qui est simplement un balcon j’adore y passer du temps ! alors un jardin, je serais au paradis !

  16. Répondre Nathalie 29 juin 2016 à 7 h 33 min

    Alors là, je vais faire ma vieille. Je pensais tout pareil il y a 15 ans. Quand j’avais 30 ans. Notre maison était une petite maison dans la prairie. La prairie faisait plusieurs hectares dont nous n’occupions réellement que 3000m2, le reste était entretenu par le fermier voisin et ses vaches. J’ai adoré me lever avec le jour pour tondre avec le soleil (les enfants n’ont jamais rien entendu) j’ai adoré notre potager que nous plantions, arrosions, et cueillions en famille (nous y avions mis une table où l’on servait l’apéro pour que les kids restent avec nous), j’aimais beaucoup toutes les plantes que j’avais amoureusement choisies, apprendre aux enfants le nom des arbres et des oiseaux. Et puis ? J’ai plus aimé du tout. Que j’en ai eu assez de tout ce temps perdu à ne faire que ça, nos retours de vacances où tout avait poussé comme la jungle ou était brûlé. Les enfants grandissant nos moments au jardin tous ensemble… ont fini par ne plus exister. Ils avaient mieux à faire. Fort heureusement (je crois que sinon je me serai inquiétée) Bref. Et nous nous sommes envolés. le changement va être sans doute rude, notre future maison (J-5) est une maison de ville avec un terrain de 400m2 (avec la maison dessus…). Qui m’aime me suive, leur ai-je dit… Belle journée

  17. Répondre Lariska 29 juin 2016 à 10 h 16 min

    Le jardinage peut aussi être un loisir! Ce n’est pas mon cas, et mon mari n’aime pas bricoler. Nous en restons donc sagement à la vie en appartement, qui nous correspond mieux. Cela ne nous empêche pas d’apprécier la nature, mais nous ne sommes pas prêts à accepter les contraintes quotidiennes liées à une maison. Cela dit, ce n’est pas définitif. On change aussi avec le temps… Bonne journée

  18. Répondre Katy 30 juin 2016 à 13 h 34 min

    Pour moi aussi jardiner est un plaisir. Je profite des siestes de mon fils pendant mon congé maternite pour être dans le jardin dès que possible ! Et je l’imagine quand il sera un peu plus grand En train de m’aider. Il a du boulot en perspective!

  19. Répondre Kamishi 1 juillet 2016 à 8 h 30 min

    Pourquoi ne pas louer une ou deux chèvres pendant quelques mois pour t’aider à defricher. Et je ne plaisante pas, ça se fait je t’assure. J’ai lu un article dans le Ouest-France à ce sujet. J’ai fais comme la papesse du 0 déchet, j’ai acheté une maison avec un terrain plus petit de moitié et effectivement … c’est plus simple. De plus de 800m2, je suis passée à moins de 400m2, par contre j’ai le Golfe à 100m … Je crois avoir gagné au change au final ? Bon courage ?

    • Répondre Marjolaine 1 juillet 2016 à 9 h 05 min

      J’aime bien l’idée mais il faudrait clôturer le terrain, ce qui prendrait autant de temps que le débroussaillage 😉

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