Lis ma vie

Le laisser grandir

photo-34Tout a commencé en lisant un article de Nadia Daam. J’apprécie beaucoup Nadia. La femme qu’elle est, ses réflexions sensées, sa ténacité et quand les enfants ne sont pas là, j’aime la regarder officier sur Arte dans 28 minutes. J’aime lire ce qu’elle écrit en général car cela fait appel à ma matière grise, c’est rarement neutre ou insipide.

Dans cet article, Nadia parle de son incapacité à laisser sa fille de 8 ans sortir seule acheter le pain. Je vous laisse le lire en détail ici.

Cet article, il a appuyé exactement là où ça fait mal. Sur le sujet que j’évite soigneusement parce que je n’ai pas envie d’affronter ma position, parce que je n’ai pas envie de me poser des questions dessus.

Je pense les 3/4 du temps que Kouign Amann, 6 ans et demi est trop petit pour tout. J’ai un mal fou à lui faire confiance. En même temps, depuis toujours ou presque, il me rend dingo avec ses réactions imprévisibles et ses fugues (remember Mario Kart).

Bref il voulait depuis quelques temps s’émanciper et je ne le laissais pas. Parce qu’il était trop petit, parce que le monde dehors est trop dangereux, parce que, parce que voilà quoi.

En lisant l’article de Nadia, j’ai réalisé que certes, j’avais l’impression de protéger mon fils, mais que c’était surtout moi que je protégeais ou plutôt ma tranquillité d’esprit que je protégeais avant tout. J’ai réalisé que si je restais sur ma position à attendre qu’il grandisse, je n’y arriverais jamais. ça a fait tilt. Je me suis revue petite fille, pas très grande et très flippée mais tout de même assez autonome pour aller acheter mes vignettes Panini toute seule. Je me suis dit que si la petite fille qui avait peur de tout est devenue ensuite l’adolescente qui traversait seule La Courneuve de jour comme de nuit c’est parce que ses parents lui avait fait confiance et lui avait donné les clefs pour grandir.

Que se serait-il passé si on m’avait empêchée de sortir seule avant mes 12-13 ans (âge auquel je trouverais raisonnable de laisser sortir mon fils) ? Je crois que j’aurais affronté ces sorties la peur au ventre puisque si on ne me laissait pas sortir avant, c’est que ça devait être rudement dangereux. Je crois que j’aurais montré à la terre entière à quel point j’avais peur et que ça aurait été le meilleur moyen de me faire embêter.

Alors, suite à cet article, suite à mes pensées, nous avons décidé avec MMM d’envoyer Kouign Amann seul, acheter le pain à 200 m de la maison. Gloups.

Je l’ai d’abord accompagné un samedi matin pour voir comment il agissait et pour lui montrer les dangers : « marche à gauche, ne t’approche pas du lavoir (où je te tue – je laisse le où accidentel car il est savoureux), regarde à gauche, à droite… ».

La semaine suivante, il s’est habillé rapidement et m’a demandé une liste avec ce qu’il devait acheter. J’aurais pu trouver mille excuses pour annuler l’expédition : il n’y a pas de trottoir, avec le soleil les voitures ne voient rien, tu es trop tête en l’air, les voitures roulent trop vite… Mais j’ai tenu parole.

Il a oublié la liste (tête en l’air je vous dis) mais il est parti la tête haute, tout joyeux.

Je suis sortie (en pyjama, avec lunettes et cheveux en l’air) avec Petite Gavotte pour le suivre du regard sur les 100 premiers mètres. Il est devenu vraiment tout petit avec ses cheveux blonds qui brillaient au soleil. Plus il était petit à mes yeux, plus il devenait grand finalement. Et puis il a tourné au coin et a disparu. A ce moment-là, il était hors d’atteinte pour mon radar, pour mon GPS de maman.

photo-33C’était éternel cette attente, j’étais moi aussi un peu excitée par l’enjeu. J’avais un peu peur mais finalement pas tant que ça.

Au bout d’une petite dizaine de minutes, il a réapparu. Toujours aussi blond et petit. Il a commencé à courir vers moi, trop fier mais j’ai fait signe « calme-toi mon gars, ne t’enflamme pas, reste concentré » alors il a ralenti.

Il était fier mon fils et moi aussi. Je crois que nous étions fiers de nous-mêmes et de l’autre. De ce grand pas fait pour nous faire grandir tous les deux. Et ils étaient particulièrement bons nos pains au chocolat ce jour-là.

La suite ? Des sorties autonomes mais raisonnées parce que si on prend trop vite la confiance (l’un et l’autre), c’est là que le danger peut arriver selon moi. Pas d’excès de confiance mais beaucoup de confiance, nuance.

EDIT : je lis bien vos commentaires mais en raison d’une grosse lenteur de mon administration, je ne parviens pas à y répondre… Je le fais dès que possible.

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119 commentaires

  1. Répondre Lisbei 23 octobre 2014 à 6 h 15 min

    Ah la la, un article qui fait drôlement réfléchir, merci … et bravo à Kouign Annam, et à toi !

  2. Répondre cindy666 23 octobre 2014 à 6 h 50 min

    Ah la la, un article qui fait drôlement réfléchir, merci … et bravo à Kouign Annam, et à toi !

  3. Répondre Emilie 23 octobre 2014 à 8 h 48 min

    J’aime beaucoup ton article. C’est très touchant. Bonne aventure à vous!!

  4. Répondre Marilune 23 octobre 2014 à 9 h 28 min

    Quand je raconte à ma fille aînée que , petite, j’allais jouer dehors avec mon voisin tout le mercredi après midi, que j’allais au village à pied avec lui acheter le pain…Je me dis intérieurement « mes parents n’avaient-il pas peur? La vie était -elle moins dangereuse? ». La réponse à mon avis est non. Moi qui ait eu tant de « liberté », j’ai conscience d’en laisser beaucoup moins à mes petites,( dont l’une me dépasse, mais bref). Du coup, petit à petit je l’ai laissée aller seule…Chercher du pain( ah, la fois où elle ne rentrait pas… Elle était tombée de trottinette et s’était fait coursée par un gros chien trop affectueux), aller à l’école (au bout de la rue, et encore au bout), à la médiathèque (la route est dangereuse, il n’y a presque pas de trottoir)… Mais la plus petite, là, je n’y arrivais pas; Pas le même tempérament, plus impulsive, plus sociable aussi…Et puis cette année, il a bien fallu qu’elle sorte seule de l’école à 16 h30 pour aller au cours de théâtre. On a balisé le chemin tu passes là, puis là, derrière ce bâtiment, pas devant….la première fois sa sœur a pu la suivre de loin, pour voir. Et puis vint le jour où à 16 h30 mon cœur a battu plus fort, et mon esprit faisait le chemin avec elle. Je n’ai pas eu d’appel disant qu’elle n’était pas arrivée, et je l’ai récupérée trop fière de son exploit. Mais tous les mardis, mon cœur fera le même parcours… Il y a peut-être trop de faits divers… Mais en effet, quand on les voit arriver vers nous, fiers de leur « aventure », alors on est fier aussi, d’eux, et puis un peu de nous, d’avoir réussi à lâcher un peu de lest, pour eux. Donc, bravo Marjolaine.
    Oups ce n’est plus un commentaire, c’est une tirade. Désolée.

  5. Répondre Cécile Paris Pages Blog 23 octobre 2014 à 9 h 57 min

    Ma grande a presque le même âge que Petite Gavotte donc nous n’en sommes pas encore là… mais je m’aperçois que son père lui laisse bien plus d’autonomie que moi: aller chercher ses chaussettes et ses chaussures, descendre seule les escaliers de notre immeuble… ce sont des détails mais je crois que ça et le facteur « grande soeur » la rende de plus en plus indépendante. Pas facile à accepter pour moi mais au final, je suis fière de ma fille qui grandit bien trop vite !

  6. Répondre La tambouille de Bouille 23 octobre 2014 à 11 h 38 min

    Oh la la la… déjà que je viens de pleurer en triant les vêtements de Louis car ils sont trop petits alors le laisser sortir tout seul… outch! ah ah ah
    Je te comprend parfaitement, on a envie de les protéger mais il faut aussi leur laisser vivres leurs propres expériences et petites défaites 😉
    même si ça fait flipper!!!

    • Répondre Marjoliemaman 23 octobre 2014 à 21 h 31 min

      Attends de te débarrasser pour toujours des habits trop petits parce qu’il n’y a pas de suivant prévu 😉

  7. Répondre workingmum 23 octobre 2014 à 12 h 07 min

    Pour ma part, après des discussions interminables avec tout plein de monde ( amie, parents d’élève, mes propres parents, mari…enfants !) , j’ai tranché. Pas avant 10 ans…maintenant que mon fils à 10 ans, c’est la galère, il veut aller jouer avec ses copains du coté de l’école, dans les bois…confiance, j’ai à 100% confiance à mes enfants…mais les chauffards, les mauvaises rencontres, alors là c’est une autre histoire. Du coup, j’ai aussi revue un autre point : l’acquisition du téléphone portable…donc pour sortir mon fils ainé est obligé d’avoir un téléphone portable avec lui ( il n’en veut pas, mais pas le choix !) et il doit me faire un pointage régulièrement … si je pouvais le pucer je le ferai !!! LoL. Mais il n’emp^che que je suis toujours aussi flipper. Du coup je vais de temps en temps (sans qu’il le sache ) faire des rondes en voiture. Mon deuxième, qui a 7 ans, veut suivre son grand frère…mais là Non, il y a un age pour tout ! C’est les copains à la maison ou inversement…Je commence à devenir dingue avec eux….je n’ose pas imaginer quand ils iront en boite….j’irai encore faire mes rondes (LoL !!!)…
    Ils ne se sentent pas forcément diminuer dans leur autonomie, car l’étape des 7 ans c’est de rester à la maison seul ( 30 minutes à 1 h, le temps de mon footing) et qu’il surveille sa petite sœur de 4 ans… donc on évolue à notre rythme sans bruler les étapes. … En parlant d’étapes….la grande réflexion du moment, faut il ou ne pas dire que le père Noel existe…2 options, soit il m’en veut parce que je lui aurait menti, soit c’est la riser de ses copains qui seront au courant …Suite au prochain épisode !

    • Répondre Marjoliemaman 23 octobre 2014 à 21 h 33 min

      C’est assez paradoxal parce que moi, je trouve ça beaucoup plus dangereux de laisser un enfant de 7 ans veiller sa soeur de 4 ans que de le laisser sortir acheter le pain seul… Comme quoi !

      • Répondre workingmum 23 octobre 2014 à 21 h 49 min

        C’est peut être vrai que cela peu étonner, mais je crois aussi qu’on reproduit ce qu’on a connu nous même dans notre enfance, et que comme ça marchait pour nous, ça doit marcher pour nos enfants…c’est un peu comme le schéma familiale qui se perpétue (au juste besoin). Et puis c’est vrai aussi que j’imagine la maison comme un lieu de refuge, un cocon où nous sommes tous en sécurité. Mon schéma de pensée n’arrive pas à voir ce qui pourrait arriver de mauvais dans la maison, mis à part un incendie où une chute dans les escaliers (ils ont des règles vis-à-vis de ces risques!!!). On a tous nos peurs qu’on arrive plus ou moins à vaincre et d’autres sur lesquels on se focalise . … et j’en ai un bon nombre en réserve pour les années à venir !!!

        • Répondre Marjoliemaman 23 octobre 2014 à 21 h 55 min

          Non mais c’est très bien ainsi, c’est juste intéressant de voir comme on ne voit pas les choses de la même manière.

  8. Répondre Sophie 23 octobre 2014 à 12 h 50 min

    Cette question va me tomber dessus d’ici un an ou deux, ça fait du bien de lire ça, ça prépare 🙂

  9. Répondre Aurélie Superliposes 23 octobre 2014 à 13 h 58 min

    Alors ici Biscotto est encore tout petit donc on a le temps de se préparer mais je sens que ça ne va pas être facile. Comme ça sans réfléchir moi aussi j’aurai dit vers 12, 13 ans mais effectivement mes parents m’ont laissé des petites libertés bien plus tôt… sauf que nous on est dans une grosse métropole et moi j’ai grandi à la campagne… Encore une fois merci pour ces pistes de réflexion toujours intéressante qui anime bien nos dîner 🙂

  10. Répondre emilie de mamans actives 23 octobre 2014 à 20 h 29 min

    Je dois dire que je ne m’imaginais pas non plus laisser sortir mon fils seul avant 12-13 ans ! Car les dangers de l’exterieur me fait trop peur. bon j’ai encore du temps pour me faire à l’idée vu qu’il n’a que 19 mois et là (et celui de ton fils) c’est sur que c’est pas d’actualité. en tout cas bravo pour le courage que tu as eut et pour l’écriture de cet article super bien écrit ou l’on ressent vraiment cette épreuve avec toi comme si on y était ! 🙂

  11. Répondre Mère débordée 24 octobre 2014 à 7 h 25 min

    Mon grand a 7 ans et je n’arrive pas à le laisser sortir seul.
    Pourtant, le petit supermarket est à, quoi, 500 ou 600 mètres.
    Tout comme son école est à à peine 200 mètres.
    Mais il y a une rue à traverser, les voitures qui roulent sur le trottoir parce que la rue est trop étroite pour permettre le passage de deux voitures en même temps….

    Pourtant, il ne demande que ça…

    Et puis, il est tellement tête en l’air, laisserait les sous sur le comptoir sans penser à récupérer sa monnaie…

    Mais je me fais souvent la même réflexion que toi, qu’il serait temps que je le laisse voler un peu de ses propres ailes.
    Il est demandeur (un peu) et ne semble pas déçu quand je lui explique que j’ai peur, et que je le trouve encore un peu petit.
    On verra…dans un an ^^

  12. Répondre mimosa 24 octobre 2014 à 8 h 37 min

    ici c’était 10ans pour aller et rentrer seul de l’école, même rue à Paris et un carrefour à traverser (avec les fous du volant comme on sait), donc répétitions, puis seul avec maman derrière puis vraiment seul, et la consigne de rentrer dans un magasin en cas de danger, de ne ps donner d’infos à un adulte qui doit demander renseignements à un grand , ct nickel et le petit-grand était ravi, maintenant il est grand pour de bon, mais j’ai besoin de savoir où il est, et je trouve ça normal sans être intrusif, s’il me dit qu’il rentre 30mn après l’heure parce qu’il va raccompagner ses potes du quartier après les cours ça me va bien, mais le tél qui sonne dans le vide, aaargghhhh

  13. Répondre Anaïs 24 octobre 2014 à 9 h 19 min

    Bravo !! pas facile mais inévitable 😉
    PS : j’adore ce « Où » accidentel !!!

  14. Répondre Sempéa 24 octobre 2014 à 11 h 49 min

    Voilà bien un moment que je redoute moi aussi, et pourtant je sais qu’il faudra en passer par là pour qu’ils grandissent et moi aussi. Je sais d’expérience qu’être surprotégé rend soit peureux soit plus imprudent ensuite

  15. Répondre virginie sans avatar 24 octobre 2014 à 14 h 50 min

    pour mon 6 ans, j’attends sur le parking depuis que la dernière est née (cela va faire 1 an). Il est tout fier (moi aussi) et c’est vrai que cela m’aide aussi plutôt que de décrocher les 3 kids des sièges pour 2 mn… mais je n’en suis pas encore à l’étape « tout seul tout seul ». On habite aussi loin de la boulangerie (mais vraiment loin et avec un bon dénivelé de + de 100 m .. la montagne cela vous gagne!).

    La dernière fois, je lui ai fait le coup de ne pas lui donner juste l’appoint mais un peu plus… il m’a fait le coup de revenir avec des bonbons lol

    Cela leur apprend plein de choses et surtout qu’on a confiance en eux <3

    De gros bisous!

  16. Répondre Mila 29 octobre 2014 à 17 h 10 min

    J’habite à la campagne, a 5 minutes en voiture d’une petite ville, impossible de laisser mon grand aller seul acheter le pain, pourtant il a 8 ans. Même si je pouvais je ne voudrais pas, oui c’est moi que je protège et puis lui aussi, le monde (attention je vais parler comme mes parents) d’aujourd’hui n’est pas celui dans lequel j’étais enfant.
    J’allais seule à l’école à tout juste 6 ans et je trouve que mes parents etaient totalement inconscients de me laisser aller seule à l’école à cet âge là.
    Il y a d’autres façons de les faire grandir, leur donner de la responsabilité par exemple….bref, moi je n’y arrive pas.

  17. Répondre agnes 8 novembre 2014 à 6 h 50 min

    Ma petite a juste 3 mois, il n’y a pas si longtemps, j’ai éprouvé de la culpabilité . Pourquoi? Parce que maintenant maman, j’ai réalisé que le monde est super méchant… et que c’est par ma faute qu’elle y était entrée . Super feeling pour la nouvelle maman ! 😉
    en tout cas, elle n’a pas encore l’âge d’aller prendre le pain 🙂
    très bel article

  18. Répondre camille ritalechat 16 février 2015 à 23 h 15 min

    ahlalala. j’ai pleuré dis donc! ahhh il fallait que ça sorte!

    • Répondre Marjoliemaman 16 février 2015 à 23 h 20 min

      Ton billet m’a fait un effet boeuf aussi… C’est compliqué de grandir, hein ?

  19. Répondre Elanore 19 mars 2015 à 16 h 32 min

    J’arrive un peu après la guerre, mais je voudrais faire part de ma petite expérience sur le sujet…
    Ma grande fille a 6 ans et demi, et est assez peureuse. Cependant, cet hiver, avec sa soeur, elle avait accompagné mon mari chez un couple d’amis qui habitent à deux cent mètres, tandis que j’étais restée à la maison. Le trajet entre nos deux maisons est très simple : 100 m de rue (pavillonnaire) , un virage à angle droit, puis encore 100 m de rue (pavillonnaire aussi) : quasiment pas de voitures (bien que nous soyons en ville), peu de passage. Quand ils sont rentrés (vers 18h30, il faisait nuit), au milieu de la première rue, ma fille ainée a demandé à mon mari si elle pouvait courir jusqu’à la maison toute seule. Mon mari (qui se débattait avec notre deuxième fille qui faisait un caprice), a dit oui, se disant que c’était bien qu’elle prenne un peu d’autonomie. Elle s’est mise à courir, a passé le virage, et a disparu à sa vue. Moins de deux minutes plus tard (il essayait de marcher vite, mais quand une petite fille de 3 ans fait un caprice ce n’est pas forcément facile), une voiture avec des jeunes s’arrête à sa hauteur :
    « elle est à vous la petite fille là-bas ? Monsieur, vous devriez pas la laisser seule, c’est dangereux vous savez !  »
    En fait, ils s’était arrêtés aussi à la hauteur de ma fille pour lui demander si elle était seule. Ils étaient choqués (ils avaient à peine 20 ans!) de voir une petite fille seule de nuit dans cette rue. Pourtant, il n’y avait aucun danger, mon mari ne l’avait perdue de vue que 2 minutes
    C’est donc effectivement le regard de la société, et non de simples parents surprotecteurs, qui a changé. On voit un enfant de moins de 10 ans seul dans la rue, on se dit que ce n’est pas normal et que les parents sont inconscients.
    Nous nous sommes beaucoup posé de questions suite à cette histoire. Avions-nous été inconscients ? Ma fille était très fière d’être rentrée seule à la maison, et je pense que cela lui a fait beaucoup de bien pour sa confiance en elle.
    Bientôt, je sais qu’elle ira chercher le pain toute seule (dès qu’elle saura suffisamment reconnaître les pièces de monnaie). Il n’y a pas de route dangeureuse, à traverser, la boulangerie est à 200 m. Je sais que la première fois, je la suivrais probablement « en douce » pour vérifier que tout va bien et qu’elle est prudente… Bien sûr, je serai toujours inquiète… mais avec mon mari nous pensons que c’est important de prendre petit à petit son autonomie.

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