Lis ma vie

L’ambivalence du mercredi

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Le mercredi avec les enfants, c’est génial. Mais le mercredi avec les enfants, c’est l’enfer. C’était mon constat fin juin après une année de mercredis seule avec trois enfants. En fin de saison, j’étais même certaine de laisser les deux grands au centre de loisirs tous les mecredis ou au moins un mercredi sur deux parce que vraiment les mercredis, c’était trop lourd à gérer pour moi si je voulais qu’ils restent en vie tous les trois.

Pourquoi ? Parce que nos mercredis étaient bien animés le matin, c’était sympatique mais quand même, les aller-retour à la gym et au poney sous des trombes d’eau avec un bébé de quelques semaines ou quelques mois, c’était éreintant (surtout quand on ne dormait pas la nuit). Parce que le repas de midi se faisait dans une ambiance de fin du monde avec un stress à son maximum parce qu’à 12h05, heure de notre arrivée à la maison, mes trois Pin’s étaient en transe hypoglycémique et que bien sûr, la fatigue aidant, je n’avais jamais le temps de préparer le repas la veille ou le matin même. Parce que quand les filles faisaient la sieste, Kouign Amann tentait tout ce qui était en son pouvoir pour me faire atteindre le 7 sur l’échelle de Richter de la hyène hurlante. Impossible pour lui de jouer tranquillement dans sa chambre ou d’écouter une comptine gentiment, non, il fallait qu’il me tourne autour alors que j’essayais de travailler. Et un enfant qui vous tourne autour en disant “je sais pas quoi faire”, il n’y a rien de mieux pour travailler efficacement, c’est connu. Mais le pire, c’était quand même quand il s’arrangeait pour réveiller ses soeurs au bout de 35 minutes de sieste. Comment ? En allant les regarder dormir (je vous jure) ou en allant récupérer un jouet oublié dans les chambres. Là, on pouvait être sûr que l’après-midi serait sous le signe de couinement et des pleurs de fatigue (moi aussi, j’ai pleuré de fatigue ces jours-là). Je vous avoue que les siestes qui se terminaient à 14h05 me faisaient trouver les 6 heures avant le coucher du soir un poil longues…

Il y a eu des mercredis joyeux et plus faciles, évidemment mais la météo a beaucoup joué sur notre moral et nos possibilités de sorties l’après-midi étaient vraiment réduites. Bref, ce mercredi que je tenais à passer auprès de mes enfants n’était finalement pas mon jour préféré de la semaine (et je ne parle pas du rangement géant du mercredi soir, hein).

Quand septembre est arrivé, j’ai songé à ces futurs mercredis. Centre de loisirs ou non ? Au début, je me suis dit oui, comme ça je pourrais répartir le boulot que je concentre sur quatre jours et moins travailler le soir. Mais non, en y réfléchissant bien, j’ai décidé de garder mes nos mercredis.

Pourquoi ? Parce que durant l’été, mes trois Pin’s ont bien grandi et ont pris une plus grande autonomie. Parce que Kouign Amann, même s’il trouve ça long, réussit à me laisser une heure complète sans venir m’enquiquiner, parce que les filles font des siestes de deux heures (enfin, en théorie), parce que c’est plus facile de gérer les choses quand on dort la nuit, parce que si je les mets au centre de loisirs, je fais aussi une croix sur les activités qu’ils ont envie de faire. Parce que cette année, je suis mieux organisée dans mon travail et que j’arrive mieux à anticiper ce jour OFF. Parce que j’ai l’espoir que maintenant que tout est plus calme au quotidien, on pourra profiter mieux de ces moments ensemble. Et surtout parce que c’est la dernière année où ils n’ont pas cours le mercredi matin. J’ai le sentiment que si je laisse filer cette année de mercredis, je laisserais filer une partie de leur enfance et que je ne la récupèrerais jamais.

Alors l’an prochain, on s’organisera autrement mais en attendant, je me sens prête à affronter la série de mercredis qui s’annonce et j’espère même trouver ça bon (mais je suis aussi très lucide, je sais que tout ne sera pas paillettes et petits coeurs roses).

J’appelle ça l’ambivalence du mercredi. Vous connaissez ?

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