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Aldo Naouri : mon dilemme

Je traîne cette article dans mes cartons depuis au moins trois semaines… Non pas par flemme de parler d’un bouquin un peu plus intello que “Belle et mince après bébé” mais plutôt par indécision… Après tout ce temps, je n’arrive pas à me prononcer clairement : suis-je pour ou contre Naouri ? La question est simple mais la réponse bien plus subtile.
Pour mémoire Aldo Naouri est pédiatre. Il se sert de faits réels vécus pendant ses consultations pour étayer son propos.
Je ne vais pas vous faire un résumé mais appuyer sur quelques points fondamentaux de son live “Eduquer ses enfants, l’urgence aujourd’hui” – Ed. Odile Jacob – 22,90 euros.

– le constat de Naouri est le suivant : nous avons fait de nos enfants des enfants rois à qui on offre tout, à qui on laisse tout faire sous prétexte d’épanouissement. Or, c’est le pire service à leur rendre. Les enfants ont besoin de limite. Il donne l’image d’un pont suspendu qui représente la vie. Les limites que fixent les parents permettent de monter un parapet de chaque côté de ce pont et de permettre à l’enfant de grandir et de traverser ce pont en équilibre, sans crainte car les parapets construits par ses parents le rassure. Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec Naouri. Rien de plus insupportable et surtout triste que ces petits enfants rois qui font ce qu’ils veulent sans y trouver de bonheur (on en fait d’ailleurs des émissions : Supernanny, Le Grand Frère…). Je ne remercierais jamais assez mes chers parents pour l’éducation et les limites qu’ils m’ont données. Je me sens “construite”, “terminée” en tant qu’adulte grâce à ça. (heu, terminée, pas tous les jours quand même, y’a des bugs dans le programme…).
– Naouri explique qu’en proposant une éducation “démocrate” à un enfant, en lui laissant le choix pour tout, on en fait un tyran. En voulant trop laisser l’enfant choisir, il manque de repères, il a besoin que ses parents prennent les décisions pour lui. Là encore, je valide, c’est mon dernier mot Jean-Pierre.
– Naouri dit qu’à 3 mois, un enfant doit être réglé au niveau des repas (au quart d’heure près). Oui, mais comment on fait, docteur ? Vous ne donnez pas le mode d’emploi dans votre livre !
– Naouri explique comment les bébés mettent en oeuvre un système très avancé pour “manipuler” le monde autour d’eux. Il y va certes un peu fort mais j’ai remarqué la fâcheuse tendance qu’à Kouign Amann en ce moment à tester chaque personne qui s’approche de lui (sa baby-sitter Céliachoute en a fait les frais hier et a creusé des tranchées dans l’appart à force de marcher avec lui dans les bras)… Un point pour Naouri.
– pour Naouri, le “non” suffit. Pas besoin d’explication. Heu, là, je commence à bloquer. Certes, le non du parent est pour moi souverain et il n’y a pas forcément besoin de tout expliquer. Mais tout de même, sans rentrer dans la justification, il me paraît essentiel parfois d’expliquer les raisons d’un “non” afin d’éviter une frustration toute bête et d’en tirer un apprentissage.
– partant du principe qu’il n’y a pas besoin d’expliquer, il est pour le fait d’enlever la tototte et le doudou (qu’il juge inutile) à partir de l’âge de deux ans. Sans expliquer pourquoi, il faut juste les faire disparaître du jour au lendemain… Hardcore. Même chose pour le biberon une fois que l’enfant est apte à boire le lait au bol…

C’est de ce dernier point qu’on a le plus parlé lors de la sortie du livre… Un point qui me cause souci car j’ai deux exemples contradictoires autour de moi…
– le 1er concerne une petite fille qui s’appelait Marjolie (rien à voir avec un personnage que vous pourriez connaître, hum). Cette adooooorable petite fille a bu le biberon le matin jusqu’à l’âge de 10 ans et son entrée au collège… Certes, elle ne s’en vantait pas mais ça ne lui a jamais posé de problème. Elle aimait le biberon, ça la rassurait en grande angoissée qu’elle était, voilà tout. C’est maintenant une superbe (hum) jeune femme très bien dans ses converses…
– le 2e concerne ma cousine Céliachoute, 17 ans à l’heure actuelle. Vers l’âge de 10 ans, Céliachoute suçait encore son pouce et avait encore un doudou (une “magnifique” poupée en chiffon nommée Ma Clara). La grande cousine de Céliachoute, C. (la maman du Petit Roi) a décidé de lui enlever  Sa Clara du jour au lendemain (si sa mère avait osé faire ça, Céliachoute aurait brûler la maison, mais là, c’était sa cousine, son modèle…). A partir de là, Céliachoute a arrêté de sucer son pouce (mais elle attend avec impatience d’avoir 18 ans… Ce jour-là, C. lui rendra enfin Sa Clara !)

Tout ça pour vous dire que ce que j’ai lu dans ce livre m’a beaucoup intéressé et que même s’il y a des règles à respecter, chaque enfant se construit à sa manière dans son environnement…
Voilà, moi je dis ça, en même temps, je ne m’y connais pas vraiment en d’éducation. Mon Kouign Amann n’a pas encore 4 mois et même s’il nous teste sévèrement en ce moment, je n’ai pas vécu le millième du quart des combats qu’il va falloir mener !
C’est tellement difficile d’éduquer un enfant (déjà, en général, on est deux et il faut avoir le même avis…) que de mon côté, je vais faire comme pour la grossesse : lire des choses très différentes, regarder comment s’en sortent mes amis et, au final, faire un gros mix de tout à la sauce Marjoliemaman (et MMM, of course !).

PS : Kouign Amann a bien supporté les vaccins mais il a moins aimé le fait de ne pas manger cette nuit…

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