Allaitement

La Potion Magique de Fleur de Sel

Attention, ce billet va entraîner une chute irréversible du nombre de lecteurs… On va parler allaitement, c’est ciblé comme public ! Revenez demain, je teste plein de trucs pour vous.

C’est officiel, la crèmerie a réouvert ses portes… Fleur de Sel est un bébé allaité à 100% depuis son retour à la maison il y a deux semaines pile poil. Dis comme ça, ça n’a l’air de rien. Pourtant, il a fallu y croire et s’accorcher parce qu’on aurait dit qu’en plus de toutes les autres galères que nous avons eues, le mage noir qui s’acharnait contre nous voulait aussi que mon allaitement finisse avant d’avoir commencé. Parfois, ça sert d’être persévérante (dans mon cas, on peut aussi dire têtue comme une mule).
A la naissance de Fleur de Sel, je n’ai pas pu lui donner ce que l’on appelle « la tétée de bienvenue » puisqu’elle est vite partie en néonat. Je n’ai d’ailleurs pas pu lui donner mon lait avant quelques jours, le temps de le faire analyser. Tant pis pour le colostrum bienfaisant. Elle buvait donc du lait pour prématurés via sa sonde. Grâce aux infirmières j’ai pu dès le premier jour lui proposer le sein pour des tétée plaisir. En gros, le bébé tétouille, profite de l’odeur de sa maman mais il ne boit pas vraiment parce que ça demande beaucoup d’effort. Fleur de Sel se montrait très habile à téter pour un bébé né à 34 SA, on pensait que l’allaitement se mettrait vite en place. Mais la pneumopathie est passée par là, épuisant mon bébé déjà bien éprouvé. Je tirais donc mon lait 4 à 5 fois par jour (depuis le premier jour) avec un méga tire-lait double pompe Medela (une trayeuse, on peut le dire) afin de lancer et d’entretenir la lactation et j’apportais ma récolte que Fleur de Sel buvait via sa sonde.
Mais bon, c’était presque trop simple comme histoire (même si tirer son lait aussi souvent, c’est vraiment la plaie) et au bout d’une semaine, les médecins ont trouvé une bactérie dans mon lait. Cette bactérie se reproduisant très vite, on ne pouvait plus stocker mon lait au réfrigérateur mais je pouvais tout de même donner le sein directement. On n’a a jamais trouvé d’où venait la bactérie, ni la suivante qui est venue la remplacer… On a refait le protocole de la récolte cinquante fois sans trouver de faille. Il paraît que ça arrive parfois. Comme par hasard, le « parfois », c’est moi…
Après la sonde, Fleur de Sel a été nourrie à la tasse puis au biberon.
J’ai donc mis les bouchées doubles pour allaiter Fleur de Sel directement. J’essayais d’être là pour 2 ou 3 tétées chaque jour afin qu’elle s’habitue au sein et à l’effort que ça demandait. Les puéricultrices ont été formidables dans cet accompagnement. Elles m’ont laissé le temps, ne m’ont pas stressée, m’ont rassurée, ont couru après les médecins pour avoir les résultats (toujours mauvais) de mes analyses de lait… Elles m’ont permis de ne pas paniquer, c’est important de ne pas paniquer quand on a un bébé dont le coeur baisse considérablement et devient bleu pendant qu’on l’allaite parce qu’il fait des fausses routes… Merci les filles de l’Hôpital des Clefs. Merci mille fois.
Lors des tétées, je pesais Fleur de Sel avant et après (en débranchant ses électrodes, un vrai mic-mac mais on s’y fait) pour voir le nombre de grammes qu’elle prenait et compléter si besoin au bib. On a commencé par 10 grammes pour finir à 80 avec des hauts et des bas. Des pleurs et des angoisses mais le jeu en valait la chandelle.
Pour la petite histoire, la veille de la sortie de Fleur de Sel, les médecins m’ont annoncé que la bactérie avait disparue… Isn’t it ironic ? Don’t you think ?
Dès son retour à la maison, Fleur de Sel n’a bu qu’au sein, la boîte de lait préma dort au fond d’un placard et j’ai rendu le tire-lait de compét pour le remplacer par le manuel Avent (mes seins me remercient). Son papa lui donne des biberons de mon lait pour qu’elle se fatigue moins. Elle fait un peu la difficile au bib mais j’ai du mal à lui en vouloir.
L’aventure est lancée et je suis fière de m’être accrochée pour cette fleur de Sel qui tète avec autant d’entrain.
Comme quoi, allaiter un préma, c’est possible (Martine, j’ai souvent pensé à ton histoire avec Théo, ça m’a donné confiance, merci).

EDT : le lait tiré qui ne pouvait être donné à Fleur de Sel a été donné à ses copains plus prématurés qu’elle grâce au lactarium de Paris (et à Bernard pour celle qui suivent ce blog depuis le début). Je crois qu’on a atteint les 8 litres…

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