Lis ma vie

L’absente

photo-357.JPGCes dernières semaines, à l’approche du premier anniversaire de Petite Gavotte, je me rends compte à quel point j’ai été absente depuis un an, peut-être même un peu plus. Pas forcément absente ici car ce blog fait partie de ma routine “santé mentale” mais absente pour les gens autour de moi. Evidemment, cette absence a commencé subtilement à la naissance de Kouign Amann. Quand on a un enfant, on est moins présent pour les autres même si on en a très envie. Je ne parle pas de l’année qui a entouré la naissance de Fleur de Sel car avec nos 5 mois d’hospitalisation, peu de gens nous ont croisés cette année-là.

Pourtant, j’avais l’impression d’assurer tout de même le strict minimum. Et cette année, j’ai été l’absente pour mon entourage. Entre la fatigue liée au manque de sommeil, le rythme quotidien avec les trois Pin’s en bas âge, les absences de MMM, les maladies, les mercredis de folie, le boulot qui s’est accumulé, je n’ai pas réussi à assurer le minimum syndical.

J’ai été celle qui ne décroche pas à son téléphone parce que (au choix) les enfants faisaient trop de bruit, j’étais trop épuisée pour parler, j’avais les mains occupées à essuyer des fesses, j’étais enfin concentrée à faire ce boulot qui trainait depuis trop longtemps, etc.

J’ai été celle qui promet “je te rappelle dès que les petits sont couchés” et qui ne le faisait pas parce que j’oubliais, j’étais trop fatiguée pour avoir une conversation ou parce qu’il restait la table du dîner à débarrasser, la machine à laver à lancer, un dernier boulot à terminer ou un rare moment de calme à partager avec MMM.

J’ai été celle qui n’a pas l’énergie pour remonter le moral des autres.Pas parce que ça ne me touchait pas, juste parce que je n’avais pas la ressource en moi.

J’ai été celle que l’on ne parvient pas à attraper. Celle qui se jure de répondre à ses mails mais qui attend d’avoir le temps pour bien le faire. Et je n’ai jamais vu ce temps s’offrir à moi.

J’ai été celle qui a souhaité en retard une bonne vingtaine d’anniversaire.

J’ai été celle qui a été en retard sur tout ou presque alors qu’avant je me targuais d’avoir mangé une horloge.

J’ai été celle qui a eu trop besoin de se protéger pour continuer à avancer, pour ne pas tomber.

Cette première année avec trois enfants a été d’une exigence rare. J’ai été fatiguée comme jamais je ne l’avais été avant et pour la première fois de ma vie, je me suis demandé sur je n’étais pas au bord du précipice. Et puis j’ai constaté que j’étais en béton armé, mais pas une superwoman, non.

Evidemment, je n’échangerai cette année contre aucune autre parce qu’elle m’a apporté des caisses de bonheur aussi. Mais quand je fais ce petit bilan, je trouve que ce que j’ai apporté à ceux qui m’entourent est bien maigre. Alors maintenant que tout le monde dort dans cette famille, maintenant que notre petite routine est bien réglée, je compte bien me rattraper et faire oublier mes absences, mes manques, mes failles.

Et redevenir celle sur qui on peut compter.

La photo ? Une petite Fleur de Sel bien malade aujourd’hui qui me fait également réaliser que le temps que je n’ai pas accordé aux autres a été grandement consacré à faire grandir ma jolie fratrie.

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