Lis ma vie

Les douleurs de l’enfantement (2)

Rentrée OK – stop – même pas pleuré – stop – Kouign Amann complètement déréglé – stop – détails en fin de semaine – stop – bonne journée à tous – stop.

18h05 : la sage-femme me propose de passer à la vitesse supérieure : “vous avez le choix entre un spasfon ou un bain chaud”. Waouh ! Mazette, ça c’est de la vitesse supérieure ! Je me dis qu’il vaut mieux garder les médocs pour plus tard si ça dure toute la nuit… MMM et moi accédons à la salle voisine ou se trouve une grande baignoire. Vu mon état de grosseur, il vaut mieux qu’elle soit grande. Je fais couler un bain d ‘eau brûlante, escalade le rebord de la baignoire à moitié gênée par mon ventre et plonge en grimaçant dans l’eau qui fume. OOOOOOHHH, OUI ! C’est trop bon, l’eau chaude calme les contractions… MMM me lit le Parisien et arrive même à me changer les idées. Mal, moi ? Oui, mais un peu seulement.
19h30 : ça fait 30 minutes que MMM essaie de me sortir de l’eau. Non, je suis bien, je ne veux pas sortir, ça va recommencer, je le sais, je le sens… ça ne manque pas. A peine sortie de l’eau, voilà que mon ventre se rétracte et que je ressens à nouveau cette horrible douleur. J’en peux plus, je ne vais pas durer comme ça toute la nuit, en plus, je suis certaine de ne pas être plus dilatée. JE dis à MMM : “tu sais, ne t’inquiète pas, j’ai besoin de pleurer un peu, j’ai trop mal, après ça ira mieux”. Je pleure donc à gros bouillons et gros sanglots accrochée à une armoire en fer. MMM me fait respirer, bah oui, j’oublie encore.
20h : on m’apporte un plateau repas. Non, non, non, je ne veux pas manger, je veux accoucher ! Je ne suis pas ici pour faire un guide gastro, je suis ici pour faire un bébé ! Je mange assise sur mon gros ballon rouge mais je n’arrive à rien avaler (vous avez déjà essayé de souffler pendant que vous mangez ?). MMM part chercher à manger, devant mon regard suppliant, il comprend qu’il ne doit pas partir trop longtemps, sous peine de divorce.
21h : je pense :” Mais faut vraiment être malade pour refaire un enfant après avoir vécu ça ?”. Les contractions s’intensifient encore, si c’est possible (oui, c’est possible). A bord du gouffre, je me souviens de ce que m’a dit ma sage-femme en prépa : “marcher, ça fait avancer le travail”. Voilà, je vais faire des kilomètres et des kilomètres… Il fait nuit et il pleut mais MMM et moi tournons en rond sous le hall d’entrée des urgences. Je vois les sages-femmes qui m’ont suivies toute la journée partir. La première qui me dit à demain, je lui en colle une. J’en peux plus, les contractions viennent par deux et je n’ai même plus deux minutes de répit entre deux salves. C’est la troisième guerre mondiale dans mon ventre. Plus jamais je n’aurais de relations sexuelles, plus jamais.
21H45 : retour à la chambre. Pas le temps de m’allonger qu’une nouvelle bataille me cloue sur place. Je m’accroche au cou de MMM et PAM, je me prends un coup dans le bide, comme si Titus le foetus me filait un grand coup de pied. Je crie, MMM ne comprend pas et SPLOCH. Je perds les eaux… Accalmie ? Non, c’est mille fois pire !!!!! Et je suis supposée durer comme ça toute la nuit ? La sage-femme de nuit arrive, m’examine alors que j’ai les pires contractions et me dit : “super, vous êtes à 2-3, on vous amène en salle de travail”. La sage-femme est belle, gentille et j’ai envie de l’embrasser, c’est la reine de l’univers.
21h50 : entrée en salle d’accouchement.

Rendez-vous demain, le plus dur est fait, si, si, je vous assure !

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