Bretagne

L’art de devenir bretonne

En bonne banlieusarde née à Paris (dans le XXe que j’adore), je dois avouer que je ne me sens pas encore tout à fait familière avec le code de conduite breton. Cependant, je m’adapte très vite aux lieux et aux situations et j’ai bon espoir de devenir Bretonne, un jour prochain, d’ici 45 ans. Ok, les puristes me diront que l’on ne devient pas Bretonne et que n’est pas Nolwenn Leroy qui veut mais bon, je me dis que j’ai quand même le droit d’essayer, hein. Même si je chante moins bien que Nolwenn, il est vrai.

Pour devenir Bretonne, il faut :

* Avoir son bol breton avec son nom dessus. Cadeau d’arrivée à notre famille de la part de Dom et Papet, c’est bon, nous sommes équipés. C’est bien pratique les matins de gueule de bois, ça aide à se souvenir de son prénom.

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* S’attendre  à mettre du temps à avoir des contacts avec les voisins. Le Breton est chaleureux mais c’est un diesel. Dans notre nouveau quartier, c’est ambiance Wisteria Lane. J’ai comme l’impression qu’il s’est passé des choses graves avant notre arrivée et que les gens n’osent pas communiquer entre eux, surtout avec les nouveaux immatriculés 94, sait-on jamais ce qu’il peut se passer. Voilà donc pourquoi j’ai décidé de baptiser notre nouveau quartier « Hortensia Lane ». J’ai quand même hâte de rencontrer Gabrielle, Bree et Lynette (pas Susan, je l’aime pas). Bientôt peut-être, un voisin a dit qu’il nous inviterait pour l’apéro un soir… Je vais quand même vérifier qu’il n’y a pas de cadavre dans son jardin.

* Avoir une bonne descente. ça va, je ne suis pas inquiète, j’ai du niveau quand je veux. Et je ne parle pas de ski.

* Avoir une plaque d’immatriculation bretonne sur sa voiture parce que franchement, avec mon gros 94 à l’arrière et à l’avant du break, je ne me suis pas fait de copains. Aucune pitié pour la Parisienne : et que je te la double sur les nationales, et que je t’accelère quand je la vois qui veut s’engager dans un rond-point, et que je la laisse mourir la bouche ouverte plutôt que de la laisser s’insérer dans une file… Ouais, pas facile d’être immatriculée en Ile-de-France mais c’est partout pareil où que l’on aille en France. NB : il est également possible que je ne sois pas une déesse de la conduite, je vous l’accorde, mais quand même.

* Apprendre à rouler à 90 sur des routes de campagne et à freiner fort en se rabattant sur le bas côté si on croise une voiture. Faut dire que certains les pratiquent depuis qu’ils sont nés ces petits chemins et en connaissent la moindre pierre…Suis encore en rôdage à ce niveau-là.

* Manger du beurre salé. De toute façon, le beurre doux, c’est pas du beurre, c’est connu.

* Ne pas avoir peur des animaux mais ça, je vous en parlerai un peu plus tard dans les détails. C’est un peu sauvage quand même, par ici.

* Parler en mettant des « qui » et des « que » un peu partout. Dire « qu »il est coco » à la place de « qu’il est mignon ». Et encore de nombreuses subtilités que je vais devoir découvrir pour faire couleur locale.

En attendant mes nouvelles observations sur la question, je suis preneuse de l’ensemble de vos bons et mauvais conseils pour devenir une vraie Bretonne car je suis sûre que vous aussi, vous avez des clichés un peu pourris en tête. La proposition : avoir un chapeau rond risque tout de même un blâme, je préviens.

Bon week-end !

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